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Suivi de la refonte du décret fixant les conditions de reconnaissance et de subvention des centres culturels

Commission de la Culture, de l’Audiovisuel, de l’Aide à la presse, du Cinéma, de la Santé et de l’Egalité des chances du Parlement de la Communauté française – extrait du compte-rendu de la séance du 8  février 2011.

Réponse de Mme Fadila Laanan, ministre de la Culture, de l’Audiovisuel, de la Santé et de l’Égalité des chances, à l’interpellation de Mme Véronique Salvi (cdH) intitulée « Suivi de la refonte du décret fixant les conditions de reconnaissance et de subvention des centres culturels » :

Le 21 janvier dernier, un groupe de travail a clôturé les travaux relatifs à la première étape de la réflexion sur la réforme fixant les conditions de reconnaissance et de subvention des centres culturels. Il a défini le cadre général du futur décret qui sera présenté et soumis à la commission des centres culturels lors de sa prochaine réunion.

Ce cadre vise les missions de base des centres culturels qui auront la possibilité de développer des pôles d’excellence, des métiers ou des missions spécifiques.

Quels sont les axes fondamentaux de la réforme?

Tout d’abord, les centres culturels sont identifiés en tant qu’espaces de créativité, d’innovation et d’expression artistique et culturelle. Ils doivent contribuer à créer les conditions de développement de l’exercice des droits culturels des populations et à diminuer l’incidence des inégalités sociales sur leur exercice.

Outre ces principes incluant les enjeux de la démocratie culturelle et de démocratisation de la culture, il est prévu d’inscrire et de reconnaître l’action culturelle comme étant un des éléments dynamiques de développement local et territorial, de renforcer la complémentarité et la spécificité du travail des centres culturels, non seulement par rapport aux acteurs concernés, mais également par rapport aux projets territoriaux existants tels que les programmes de cohésion sociale, les groupes d’actions locales ou tout autre dispositif communal, régional ou européen.

Ces autres acteurs sont les opérateurs culturels et socioculturels reconnus par la Communauté française et les opérateurs ou associations actives dans le champ social, éducatif ou économique.

L’enjeu de la réforme est notamment de préciser l’identité, la place et les missions des centres culturels en prenant en compte leur environnement, dans une logique de décloisonnement et de concertation. Les centres culturels seront ainsi invités à déterminer leurs objectifs et leurs priorités d’action à partir d’un diagnostic territorial, en collaboration avec les acteurs qui le souhaitent. Il ne s’agira pas d’effectuer une analyse scientifique, mais de mesurer et d’identifier le niveau de développement des droits culturels à l’échelle du territoire et des populations, d’identifier des enjeux de société et des objectifs de transformations culturelles, sociales, sociétales et citoyennes prioritaires à court, moyen et long termes. Sur cette base, les centres culturels devront proposer un plan quinquennal.

Le territoire d’action principal d’un centre culturel sera celui de la ou des communes associées à ces instances. Ceci ne l’empêchera pas de développer, en partenariat avec d’autres structures, certaines activités sur d’autres territoires limitrophes ou plus éloignés. Plusieurs communes pourront s’associer pour définir un territoire et un projet de centre culturel commun. Cette dimension intercommunale est à encourager, y compris auprès de centres culturels déjà reconnus.

Je suis pleinement satisfaite de l’investissement du groupe de travail. La présence des représentants de la commission des centres culturels et des responsables de diverses catégories de centres culturels locaux et régionaux a permis de confronter nos hypothèses à leur travail concret. Leur approche m’a convaincue de leur rôle dynamique dans notre société. Leur mission n’est pas simplement de nous divertir mais de développer nos intelligences, nos manières d’appréhender le monde et notre environnement ainsi que de contribuer à tisser les liens sociaux qui manquent parfois cruellement dans notre société. Mon ambition est de finaliser le projet de décret d’ici à la fin de cette année et de vous le soumettre après avis du Conseil d’État.

Les axes que je viens de vous présenter s’inscrivent pleinement dans l’objectif de développement territorial de la culture inscrit dans la DPC qui énonce notamment que « l’accès à la culture ne doit pas seulement viser les consommations culturelles mais aussi les pratiques et les actions artistiques et citoyennes des professionnels et non professionnels, des jeunes et des adultes, dans tous les milieux de vie individuels et collectifs ». Elle précise également qu’« il faut favoriser, sur le terrain, les convergences entre les différents acteurs de la culture et les coordinations entre niveaux de pouvoir impliqués dans le développement culturel, [. . . ] que les régions seront les partenaires privilégiés de ce maillage territorial et de coordination, [. . . ] qu’il faut renforcer la participation des publics, la culture de proximité, la recherche de solutions adaptées au milieu de vie des publics, [. . . ] qu’il y a lieu de favoriser le terrain des convergences entre les différents acteurs directs et indirects de la culture ». Les axes fondamentaux du projet de décret intègrent ces objectifs.

Tout comme les acteurs culturels, les initiateurs de l’Agenda 21 de la culture, de la déclaration de Fribourg ou les signataires de la convention de l’Unesco sur la protection et la promotion de la diversité des expressions culturelles, je partage la conviction que l’action et la participation sont un moteur de l’émancipation sociale et du développement collectif et économique de nos sociétés.

Pour y parvenir, il faut encourager les mises en réseau et s’appuyer sur les compétences de chacun. Cela concerne tant nos opérateurs culturels que les différents niveaux de pouvoir. C’est une exigence indispensable pour réussir le pari de notre démocratie.